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Murmure frivole dans l'obscurité du temps
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samedi 29 janvier 2011

Ersatz

Il n'est pas seul celui qui peut encore aimer, étreindre la passion à pleine mains, à pleine chair. Et y planter les dents jusqu'à la moelle, jusqu'à la vie, jusqu'à extraire la dernière goutte amère à sa bouche. Il peut encore se regarder sourire, boire le ciel avec la précipitation d'un homme qui se noie, ingurgiter tout cet amour jusqu'à la lie, jusqu'à s'en brûler l'œsophage.
Et vivre.

samedi 5 décembre 2009

Décembre

Fatiguée de lutter contre l’impossible, j’ai laissé le quotidien impassible engloutir mes journées. Ce n’est plus la fascination tranchante des débuts, la peur viscérale ou la faim effrénée des espaces à déchiffrer. Il n’y a plus rien de tout l’appétit de ma douleur, mais le sommeil ne se fait plus autant attendre- et la bête tapie au fond de mon estomac s’est un peu assagie. Sombrer peu a peu dans l’incohérence émotionnelle et l’absence… c’est de plus en plus difficile d’émerger le matin- et balancer mon corps fourbu dans le vacarme du dehors.

Paris-Stockholm

Romance naïve des grands espaces, toute colorée de bonheur un peu niais, à recopier son nom sur mes cahiers pour en couvrir l’amertume des pages précédentes.
Idylle en papier marché, en papier kraft, tout illuminé de je t’aime en pliages.
Origami des passions, respirer le ciel contre son corps, j’ai accepté un peu a contrecœur l’oubli de l’indénombrable et des échecs envenimés de liberté. Réminiscence blafarde des regards estompés, mes mains tremblantes entre les siennes, gencives en sang…

septembre

Retour a l’abondance, au repos de l’âme qui laisse un goût amer et noue le ventre. Peut être aussi les yeux avides qui ont perdus leur couleur ensablées, solitaires ; et le retour du bonheur ordinaire. Les dents qui se rétractent, le cœur qui se desserre entre les bras d’un autre. Plus la force ni d’excuses d’avoir les poings serrés, les rideaux tirés ou de vivre la nuit.

Le bonheur n’a rien d’exaltant, c’est un arrière-goût terne et le ventre qui gonfle. La tête lourde le matin, la façade qu’on y applique plus par habitude que pour cacher l’ébullition furieuse d’antan. J’ai recommencé a porter une montre, a reprendre la notion du temps, des jours qui passent et des heures de sommeil. C’est sur les routes de l’habitude que j’ai traîné mon corps transi, le cœur bondissant, sans avoir à forcer mes traits pour les détendre.

mercredi 13 mai 2009

Fleur de prunellier, pétale de neige. Glissée entre mes lèvres, ventre tendu, soupirs épars. Souffle éperdu dans mes cheveux, inattention et regrets. Je tient a peine debout, empêtrée dans tes remords, collants filés, gorge tarie. Je m’arque sur ton ombre et erre sur ton silence, tu persistes à dénouer mes rêves.
Dans les méandres de ta chair s’effile ma mémoire.
Murmure des corps tièdes, entrecoupés d’éther. Enlisés dans les ombres, folie du désir égoïste.
Frisson d’éternité, abîme noueux des sens, souffle mourant de l’air sur nos mains délacées. Dans l’ombre de ton regard glissent les silences éteints des nuits d’ivresse. Tournoiement des ailes veinées de plaisir aux confins de ma tête. Tabac froid. Bruissement de papier chiffonné: tu ne dis rien et le silence m’étouffe. sous les palpitation de mon ventre écorché, je m’abîme dans ton indifférence et glisse dans mes cheveux les fleurs de tes absences. A l’abri des saules je guette ton ombre sur ma peau tiède, le cœur écaillé de soupirs. Attente brûlante de l’interdit, inaccessible oubli des sens.
Je m’enivre de solitude entre deux cigarettes.

dimanche 10 mai 2009

J’ai la tête vide le matin, le cerveau renversé, les idées hésitantes. Quelques pensées sautillent mollement dans mon crâne embrumé, incapables de se retenir entre elles, éclatant pour en laisser d’autres éclore.
J’ai la tête pleine de bulles de savon…
Avancée titubante des idées brumeuses, écho hésitant des murmures sur les parois de mon crâne ensablé. Elle joue de la batterie sur mon cerveau, explose sous mes paupières et palpite sous mes paumes. Somnolence, les couleurs tremblent et brûlent mes pupilles nues. Litanie des soupirs, aspiration des sens. Mon regard tremble et ma tête se consume de promesses d’oubli au parfum d’illusion. Ailes ciselées, gorge en lambeaux. La lune pâle et brumeuse tangue entre mes doigts, le bruissement des nuages se love dans ma tête.
Paroxysme de l’irréel, les alouettes diaphanes se heurtent à leurs reflets.
J’ai glissé mes rubans dans mes poches et m’abat, les joues en feu, sur l’herbe piquante, les yeux grand ouverts sur l’immensité du ciel. Noyée dans la gaze, je m’enfonce dans l’encombrement de mes pensées, brouillée de lumière dans l’éclatement solaire des ajoncs.
Il est près de moi, à peine un murmure, un bourdonnement qui m’effleure doucement. Plongée dans les boucles infinies du ciel, je respire le soleil sur ma peau tiède. L’agitation paisible du bois glisse sur mes épaules et caresse mon visage de taches de lumière dansante.

Lovée dans la chaleur de l’air et de sa voix, je glisse peu a peu dans la béatitude.
Litanie absurde, obsédante, incompréhensible, qui me percute les synapses, me martèle les nerfs de sonorités d’outre-manche. Épais amas de syllabes assommantes, assonantes, glissant monotonement vers l’achèvement du temps impartit.
Une minute. Une autre. Le temps s’éternise, hit my brain, bring my head.

Mon cerveau se transforme en jelly.